« Tu vas à Puerto Espéanza, quelle drôle d’idée, il n’y a rien à faire ! »
Et pourtant… !
Pas facile d’y aller, pas de bus, sauf une espèce de camion-bus… que je n’ai pas pris (eh non, je m’embourgeoise), j’y suis allée en taxi collectif qui devient mon mode de déplacement favori. Par taxi collectif, il faut entendre taxi que l’on partage avec des personnes que l’on ne connaît pas (ou que l’on connaît d’ailleurs), c’est une vraie voiture dont l’état peut varier beaucoup !
La route pour aller à Puerto Esperanza est époustouflante,
on traverse les mogotes puisque le village se trouve de l’autre côté, au bord de la mer comme son nom l’indique. Je fais le trajet avec un canadien qui vient souvent, depuis longtemps, qui a de nombreux amis ici. Il veut faire un site internet pour aider le village à attirer des touristes.
Le problème de Puerto Esperanza est qu’il n’a pas une belle plage de sable blanc. Pas de plage du tout même, plutôt de la vase et un ponton qui s’enfonce dans l’eau, en mauvais état. Du coup, elle n’est pas considérée par le gouvernement comme un lieu de tourisme, ce qui implique qu’il n’y a pas de transport, alors qu’il n’est qu’à 20km de Vinales, 20km de nids de poules, certes.

C’est loin l’Amérique ?
Cependant, juste en face, il y a ce qu’on appelle ici un cayo, traduire un ilot, avec une magnifique plage, exactement ce qu’il faut pour plaire aux touristes. Mais il n’y a pas de bateau pour aller là-bas, et pas d’autorisation bien sûr.
J’irais même jusqu’à dire qu’il y a une certaine parano autour du bateau à Cuba. J’ai pu entrer au port des pêcheurs avec barque mais pas là où il y avait un bateau un peu plus gros. Il y a royalement 2 pontons de bois au petit port. Je n’ai pas eu l’autorisation d’y monter, je suis donc restée sagement assise sur un tronc d’arbres à regarder. Au bout de quelques minutes un homme vient papoter, c’est celui qui s’occupe de la sécurité, il inscrit sur un cahier les bateaux qui partent, quand ils doivent revenir. « Comme ça, dit-il, s’il se passe quelque chose, je peux aller les chercher. » Je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas été convaincue. « -Pourquoi je ne peux pas aller sur le ponton ? -Tu veux aller sur le ponton ? -Oui. -Alors viens avec moi » Il m’a donc emmenée, tout juste s’il ne me tenait pas la main, paniqué dès qu’une planche bougeait. J’ai abrégé son calvaire. En l’occurrence, il craignait pour ma sécurité.

Quand j’étais à Maria la Gorda, un catamaran de français est arrivé. A Cuba, les bateaux étrangers doivent faire une arrivée internationale, ce qui est normal quand on arrive dans un pays ; ici 6 personnes viennent à bord et ils ont tendance à fouiller. De plus, à chaque fois que le bateau mouille quelque part, il faut faire une entrée nationale presque aussi complète –c’est moins normal- et cerise sur le gâteau, ils reviennent à bord au moment du départ … on ne sait jamais, s’il y avait un petit cubain caché à bord. Même les bateaux de plongée étaient contrôlés de temps en temps.
Donc, pour en revenir à mes moutons, avoir l’autorisation de faire un transport vers le cayo, ce n’est pas gagné.
C’est pourquoi Derek et ses amis espèrent qu’en attirant des touristes vers Puerto Esperanza, ce sera un premier argument pour en faire une destination touristique aux yeux du gouvernement, au moins avoir un bus dans un premier temps.
J’ai passé un moment avec lui à faire le tour du village, lequel a tout de même 4 à 5000 habitants. On allait chez les gens mais au passage il rencontrait d’autres personnes, avec lesquelles il parlait un peu et qui lui disaient que l’homme qu’il cherchait était chez untel, ou parti à tel endroit pour la journée. Bref, tout le monde sait tout sur tout le monde.
Au final, il n’a vu qu’une personne, ma logeuse Teresa, qui est une amoureuse de son village et qu’il veut faire écrire pour son site. J’ai donc passé une très intéressante après-midi à rencontrer plein de gens et il est vrai que dès le lendemain, tout le monde me disait bonjour. Le lendemain, je suis rentrée dans une maison, j’ai réellement été accueillie comme si j’étais leur amie. Sympa !
Bon, quand on ne rencontre pas Derek, que fait-on à Puerto Esperanza ? on va randonner. Et comme à Viñales, on veut y aller à pied et on se retrouve, non pas à cheval mais en carriole. Avec la même explication qu’on peut aller plus loin et en voir plus. Je me dis également que ce sera moins fatigant ! ha ha ha !! quelle illusion ! dès la première minute, j’ai failli tomber de la carriole tellement elle tressautait et j’ai passé ma matinée cramponnée à la planche qui me servait de siège ou à moitié debout pour essayer d’amortir les chocs. Je suis sortie de là fourbue et dotée de muscles insoupçonnés !


Mais quel beau paysage ! les vues sur les champs de tabac verts, la terre rouge et la mer bleu au fond, une merveille. Je vous laisse juger !

Pendant 4 heures de notre ballade, nous n’aurons croisé qu’une seule voiture, mais de nombreux chevaux, carrioles, boeufs.

Embouteillages !
Comments
21 février 2018 at 9 h 16 min
ça n’a pas trop changé finalement toujours le paradoxe du tiers-monde, un petit goût de paradis par endroits … et une grande gentillesse à leur actif. Christine
24 février 2018 at 10 h 41 min
Hello Adeline,
Merci pour toutes ces images. Très intéressant et plein de chaleur. Ici soleil et grand froid. Températures négatives pour partir au bureau. Profite bien et continue à nous enchanter.
Bisous. Claire
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