Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi je choisis le seul jour où il ne fait pas beau pour aller voir les plages de la Herradura ?
L’enjeu est motivant, ce serait, d’après le guide « un endroit à voir avant que les promoteurs immobiliers ne s’en emparent »
J’ai envie de voir ça de mes propres yeux. Absence de promoteurs entraine difficultés de transport : il me faut aller en bici-taxi au point de ralliement des taxis collectifs, en prendre un jusqu’à Velasco, changer à Velasco jusqu’à la Herradura. Finalement, pas trop compliqué.
Ces transports locaux se payant en monnaie nationale, c’est un trajet vraiment bon marché. La vie à Cuba n’est pas très chère sauf les taxis (et l’eau) qui sont hors de prix, l’essence vaut selon la qualité l’équivalent de 70 ou de 90cts, mais quand même !
Je hèle donc un bici-taxi dans la rue, je n’aime pas ce genre de transport mais ici, il n’y pas pas le choix et je ne sais pas où se trouve le point de collecte des taxis. En fait, ce serait plutôt un side-bici (ce qui ne change rien au fait qu’un homme pédale), c’est plus sympa, on est à côté. Coût 15 pesos = 51cts d’euros.


Au point de collecte, le taxi pour Velasco a une belle couleur jaune. Une femme attend déjà, elle me dit que nous allons partir dans 10/15 minutes. Sachant que l’on part quand le taxi est plein, je la trouve d’un grand optimisme… et elle avait raison, tout d’un coup, plusieurs personnes arrivent et le taxi est complet. 20 pesos = 68cts.
Malgré une route très défoncée, en une demi-heure, nous sommes à Velasco. Je demande où je peux trouver un taxi pour la Herradura, « ah non, à cette époque de l’année, il n’y a pas de taxi pour la Herradura, il faut changer à Lora », taxis de l’autre côté de la rue. Va pour Lora ! Un premier pour Puerto Padre est complet, le second arrive et se remplit. Une femme a l’air pressé, elle dit que nous sommes 5 et que nous pouvons partir, ce qui nous faisons. 15 pesos.

Lora. Un croisement, quelques maisons, beaucoup de monde, j’ai l’impression d’être dans un western, impression renforcée par le fait que beaucoup d’hommes portent des chapeaux de cow-boy. En revanche, de bus et de taxis, point ! pas un seul à l’horizon, quelques voitures en direction d’Holguin, des chevaux, des carrioles, c’est tout. Nous sommes une vingtaine à attendre, c’est rassurant mais long, qu’est-ce que c’est long ! Il semble qu’un bus doive venir et il finit par arriver, je pense que l’attente a duré 2 heures. 2pesos = 7cts
A total mon trajet aura couté, bici-taxi compris, 1,72€ pour 55km !
Je suis bien contente d’arriver à la Herradura ! ma casa est située à 100m d’une petite baie adorable.
Le village est très petit. Les maisons ont un style différent de ce que j’ai vu avant, toujours colorées mais des toits arrondis, comme si ils ajoutaient des modules pour les faire plus ou moins grandes ; peu de monde, des animaux un peu partout. Je suis surprise par le front de mer, on dirait un plateau rocheux qui tombe dans mer ou même qui protège de la mer. Pas de sable en dehors de la baie. Autour de la plage, des bars-restos, chacun avec sa musique (pas celle que j’aime !), quelques personnes sur la plage, nous sommes vendredi après-midi.


La baie est adorable, certes, toute ronde avec sa plage et ses quelques bateaux ; elle me semble insuffisante pour attirer les grands hôtels.

Le guide parle d’une succession de plages sauvages,
je décide d’aller explorer un peu plus loin le lendemain.

Mon application me donne une première plage à 3,5km environ. La bicyclette de la casa étant inutilisable, je pars à pied sur une route rectiligne assez déserte. J’ai un bon rythme et je me régale, ça sent bon, la vue est belle au travers de la végétation. Une voiture s’arrête après 3 bons 1/4h de marche. « Un almendron », c’est-à-dire une vieille voiture, celle-ci est une Ford 1949, nickel de l’extérieur, il n’y a rien dedans, aucune garniture, même ce qui cache le levier de vitesse n’y est pas. Je me crois proche de mon objectif, mais lorsque je dis au monsieur que je vais à une plage de sable et il roule, il roule, il hésite un peu à m’arrêter et finalement me dit qu’il va m’amener à la plus belle plage, ce qui va être compliqué, c’est le retour. En effet, même en voiture, je trouve ça bien loin.
Bloqué par des travaux, il finit par m’arrêter dans un mini village, la mer est à 20m. Au bout du chemin, un monsieur m’accueille en me proposant son restaurant, ses parasols… « Au fait, comment s’appelle cette plage ? Las Bocas. Las Bocas ? c’est tout au bout de la route, au moins à 15km de la Herradura. Ça va être sympa le retour !
Nous sommes à l’entrée de la baie, sur une plage de sable, assez étroite et plutôt petite ; ce n’est pas du tout ce que je cherchais, je voulais une longue plage côté mer. Quitte à être là, autant en profiter ! Je vois que beaucoup de femmes se baignent habillées, je me mets un peu à l’écart. La couleur de l’eau est splendide, chaleur idéale, un peu fraiche quand on y rentre, délicieuse ensuite.
Quand j’ai une idée dans la tête… Je veux trouver mes plages sauvages. Je marche jusqu’au bout de la baie et je trouve une grande plage, assez venteuse, mer un peu agitée. Aussi loin que je regarde vers l’est, il n’y a que de la plage, je suis au bon endroit !
Je ne suis pas très tranquille quant à mon retour, si je dois marcher pour rentrer, ça va être long !

Je marche sur cette plage, les pieds dans l’eau, il y a beaucoup de vent, ça rend la chaleur supportable. J’arrive à une maison rose, c’est une casa, les pieds dans l’eau, des hamacs presque au-dessus de la mer, géniale. Petite halte pour un sandwich. Le propriétaire de la casa s’appelle Machin ! Je n’ai pas vu les chambres mais je recommande l’emplacement pour quelques jours à buller.

Mais moi, j’ai mon trajet qui me trotte dans la tête, donc je repars. Je continue sur la plage jusqu’à ce que la route s’en écarte. Au moment où je quitte la plage, un camion-bus passe, flute je l’ai raté ! je marche à nouveau sur la route, soleil dans le dos et vent de face. Une heure. Pas une voiture, je continue, je pense que j’avance bien. Un peu d’ombre ne me ferait pas de mal. Une voiture passe qui ne s’arrête pas… je commence à en avoir assez et plein les bottes surtout, j’entends une deuxième voiture. Je fais un signe, et elle s’arrête, ahhh !

C’est un allemand qui ne parle ni anglais, ni espagnol encore moins français, conversation compliquée, on arrive à se comprendre. Je m’en fiche, il fait bon je suis assise. Je me rends compte que j’étais encore très très loin, tellement loin qu’à un moment, je ne reconnais plus ! Je pense que nous sommes allés trop loin !! Il s’arrête, je demande, nous sommes 5km trop loin !!! bon prince il fait demi-tour et me ramène à ma destination. Pas belle la vie ?
Délicieuse fin de journée sur la plage de la petite baie, quelle idée d’aller voir ailleurs, je suis très bien là !
Le soir, dîner très sympa à la casa dont le patron Giuseppe est italien, avec des clients devenus amis, italiens aussi ; ça parle un peu toutes les langues et bien qu’elle soit cubaine, Janet nous fait un délicieux dîner, ce sont pourtant les mêmes ingrédients !
Alors, playa la Herradura, future zone de tourisme de masse ou pas ?
La plage est belle, une dizaine de kilomètres de sable blond bordant une mer turquoise. La plage est assez étroite et de l’autre côté de la route, des marais salants. En regardant la carte, une bonne partie est une mince bande de terre entre marais et mer. A cette époque de l’année, il y a du vent qui protège des moustiques. L’été il est possible qu’il y en ait. Et toujours le risque d’ouragans. Je dirais tourisme de masse, probablement pas, mais un ou deux hôtels un peu grands, entre la Herradura et cette bande de plage, pourquoi pas ?
Demain, direction Gibara, mais demain c’est dimanche, alors les transports ?
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