Le guide parlait de la Boca comme d’un petit village de pêcheurs, à moitié oublié, à l’embouchure du Rio Guaurabo. « Si vous voulez paresser dans un rocking-chair, admirer de magnifiques couchers de soleil, manger de la langouste fraiche et parler en espagnol avec les pêcheurs du coin ». Voilà un programme qui me plait ! Après un deuxième passage à La Havane, ce village m’a paru un lieu hyper agréable pour aborder Trinidad dont je craignais un peu la masse de touristes.
La Boca est un petit village, certes. Pas du tout oublié : comme à Viñales, la plupart des maisons sont des casas particulares. Je trouve qu’il y a du monde, je me rendrais compte plus tard que les gens ne font que passer : une ballade à la Boca pendant le week-end !
En revanche, le site est magnifique.
La vue depuis la Boca, vers l’autre côté de la rive, sur le massif de L’Escambray est superbe, de multiples couleurs, nuances de verts, de jaunes, de marrons, changeantes avec la lumière.
Des pêcheurs, je n’ai vu que des bateaux … de loin !
Je suis dans une casa kitchissime, tenue par une mamie adorable qui rit tout le temps, avec son mari Domingo et le flamand rose Pantxo, un vrai. Il y en a des faux aussi !

A peine arrivée, Idel (la mamie) me dit d’aller à la plage car il y a une petite plage dans ce village. Le sable n’est pas extraordinaire mais à l’ombre des acacias, elle est agréable. J’ai quand même un doute sur son emplacement à l’embouchure du fleuve, me disant que ce pourrait être une arrivée d’égout.
Je craque, l’eau est délicieuse, tout le monde se baigne, « Adeline, ne sois pas parano ».

De la plage, je repère des bateaux à l’entrée du fleuve. Ah il y a bien des pêcheurs ! Bien sûr, je tente de les approcher, il y a un gros NO PASA sur une grille, à l’entrée. Je pose la question quand même aux 3 hommes qui sont là. Non, on ne peut pas passer – Même pour prendre des photos de la vue ?- Non, c’est un endroit spécial ici – Ah bon et pourquoi on ne peut pas passer ? – Le chef ne veut pas – Et le chef est là ! Sourires…

Comme à Puerto Esperanza ! J’espère que je vais comprendre à un moment !

Le soir, je demande si je peux dîner à la casa, je m’y prends un peu tard et la compagnie d’électricité a appelé pour dire qu’elle allait couper l’électricité à partir de 18h. Il semble qu’il y ait des coupures volontaires pour faire des réparations sur les réseaux. J’ai demandé pourquoi ils faisaient ça le soir et pas dans la journée au moment où on en a moins besoin. J’ai eu l’impression de poser une question idiote, que justement, ça devait se faire quand on a besoin. Bref, tout cela pour dire que les provisions ont été emportées pour être conservées ailleurs.
Et d’enchainer sur les ouragans qui sont fréquents. Le dernier (Irma ?) les a privés d’électricité pendant une semaine. Le gouvernement lui vendait des produits chaque jour puisqu’elle n’avait pas de quoi les conserver. Ça a été dur.

Les couchers de soleil sont superbes
Dîner à la Boca
Mais je peux aller dîner en face. En face, c’est un bar, un restaurant aussi puisque je vais y dîner. Une cour en terre battue à l’angle d’une rue, clos par des grilles. Quelques tables dans la cour, un arbre central au pied duquel 2 caisses accueillent l’une des canettes vides, l’autre des bouteilles vides – tri sélectif ? – Sur la droite en entrant il y a ce qui sert de bar, un plan maçonné, vide. 3 tables sont occupées, une avec 2 touristes, une avec une femme et un jeune garçon, la troisième de 2 familles cubaines, les femmes et les enfants, les hommes sont assis près de l’arbre en train de boire.
Il y a une drôle d’ambiance, c’est également l’endroit où les gens viennent chercher de l’alcool, il y a beaucoup de passage. Une femme vient chercher des bières pour les boire avec son amoureux sur un banc, sur la plage, une voiture s’arrête, un homme en descend acheter du rhum et ça continue comme ça tout le temps que j’y suis restée.
Entre 2 services, la serveuse s’assied sur les genoux de son Jules.
Au menu, oh surprise, une petite salade tomates, chou, concombres, du riz/haricots noirs et au choix, du poulet frit, du poisson frit, du porc, lequel sera servi avec des pommes de terre et des carottes. Ce sera poulet -1/4 de poulet- eh bien, il était plutôt bon, pour une fois pas trop cuit.
Ce n’est pas la soirée du siècle mais après tout, je voulais de l’authentique, non ?
Au fait, les égouts se jettent bien dans le fleuve !!
ADELINE À CUBA, LA BOCA, RIO GUAURABO, TRINIDAD, VOYAGE À CUBA
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