Encore des histoires de transports, non pas pour arriver à Gibara mais pour repartir de la Herradura.
Forte des conseils de mes hôtes, je prévois de changer cette fois-ci à Chaparra (presque comme Patxaran), où il y a un terminal de bus et de taxis, donc forcément plus de facilités pour changer. Le trajet : la Herradura-Chaparra / Chaparra-Holguin / Holguin-Gibara. Les trajet sont assez courts, une cinquantaine de kilomètres jusqu’à Holguin et ensuite une vingtaine de kilomètres jusqu’à Gibara.
Nous sommes dimanche, il n’y a donc que 2 bus, je prends celui de midi. De façon assez étonnante, ils font attention à l’ordre dans lequel on arrive pour entrer dans le bus (« el ultimo »), et chacun prend sa place dans l’ordre, les premiers sont assis. Cependant ce bel ordre peut être perturbé par un petit billet m’a raconté une belge rencontrée à plusieurs reprises, dans un bus plein à craquer, « on » lui a trouvé une place assise dans la seconde.
Le bus arrive normalement à Chaparra.
Et à Chaparra, pas l’ombre d’un taxi. « il faut attendre » Tiens donc, c’et nouveau, ça !
Une voiture arrive, alors là, la belle ordonnance « del ultimo » n’existe plus, c’est la foire d’empoigne, une femme monte carrément de force dans un taxi ! Un autre vient : déjà réservé, un troisième : pas pour ma direction, plus rien. Une heure au moins est passée, je me m’éloigne sur la route pour aller faire du stop, et essayer d’arrêter une voiture.
Je rejoins 2 femmes, l’une me dit que le bus en direction de Santiago passe par Holguin. Je fonce, il est plein et dans ces bus longue distance, pas question d’être debout. Je reviens vers mes nouvelles camarades, une autre me dit que le camion part pour Holguin. Je me précipite à nouveau et cette fois-ci c’est vrai. Je valide là ma première expérience de trajet en camion. Celui-là est confortable, il y a des sièges, à part les ouvertures, c’est presque un bus normal.
Arrivée à Holguin, j’enchaine avec un taxi collectif pour Gibara, la routine. Superbe route vallonnée et végétation dense.
J’avais une incertitude pour ma casa à Gibara, le type m’avait dit « venez, on s’arrangera, en plus vous êtes seule, c’est plus facile » ?!?
Le premier aperçu de Gibara me plait beaucoup, il y a une grande et jolie baie, presque une mer intérieure et une partie du village donne sur la mer.

J’arrive à la casa Sol y Mar. il n’y a pas de chambre disponible mais « on s’arrange ». Explications : la casa où j’ai réservé est celle de Yvan (et d’un autre mais je ne l’ai pas rencontré), le beau-frère de cet Yvan, Jean-Marie, français et mari de la sœur d’Yvan a fait construire une autre maison collée à celle de son beau-frère. Il y habite et il y a une chambre à louer au premier. Cette chambre est également occupée. En l’absence de sa femme, Jean-Marie me laisse sa chambre et le lendemain j’occuperai celle du premier. Classe, non ?
Yvan parle très bien français, je savais qu’il avait vécu en France. Il part pour chercher un de ses amis français à l’aéroport, Charles qui vit à Maisons-Laffitte ! Pour ceux qui ne me connaissent pas, j’ai habité 18 ans à Maisons-Laffitte. Rigolo, non ? Yvan aussi y a habité après que j’en sois partie.
J’ai rencontré le dénommé Charles le lendemain, non seulement nous ne nous étions jamais vus mais on n’a pas réussi à se trouver une seule connaissance en commun, sauf peut-être une institutrice de mes enfants.
Et Gibara ?
Charmant petit village, en cours de reconstruction après avoir été quasiment rayé de la carte par un ouragan. Le village bénéficie de subventions qui lui ont permis de remettre en état la plupart des bâtiments du centre ville. Le Malecon (dans toutes les villes cubaines, le boulevard qui est en bord de mer s’appelle le Malecon) encore presque totalement détruit l’an passé est pratiquement reconstruit aujourd’hui. Le ministre du Tourisme serait de Gibara ?

Il semble que les façades des maisons, avant la destruction massive des ouragans, soient en majorité blanches. Ce n’est aujourd’hui plus le cas.


Gibara a aussi sa statue de la liberté !
Gibara organise, les années paires, le festival du Cinéma Pauvre, entendre le cinéma de films à petits budgets. Depuis une quinzaine d’années, ce festival s’adresse aux cinéastes indépendants à budget limité et dote jusqu’à 100 000 dollars de prix. Je trouve que ce festival va bien à Gibara. Il a lieu à la fin du mois ; dommage, à quelques jours près !
La baie est superbe, avec ses petits bateaux de pêche. Les plages du village ne sont pas terribles, sales et l’eau opaque. Il y a de belles plages de sable blanc à quelques kilomètres à l’ouest ou de l’autre côté de la baie. Ce qu’ils appellent un ferry peut nous y emmener 2 ou 3 fois par jour. J’opte pour l’autre côté de la baie. Le ferry est en panne, pas de départ ni demain. Il faut demander aux pêcheurs. Ces derniers ont mis en place une espèce de navette qui fait des allers-retours permanents. Génial, je l’attends en regardant les pêcheurs réparer leur filet.

Arrive un allemand qui m’explique où il faut aller de l’autre côté. En fait, la grande plage de sable blanc est assez loin, il faut prendre une carriole ; en revanche, en marchant une dizaine de minutes sur un chemin facile, on arrive à une série de criques quasiment désertes, en fait désertes, je n’ai croisé qu’une famille.
Quand on arrive par la mer, c’est très beau, le bleu de la mer, le jaune du sable et de la terre, le vert de la végétation et le bleu du ciel.
Par prudence, je retourne au ponton où nous a laissés le bateau vers 17h, je me suis fait un nouveau copain de baignade !

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