…que je n’avais jamais vu
En haut du Vaiatare, à l’extrémité sud-ouest de Rapa Nui, on voit un horizon courbe. C’est magnifique, impressionnant et logique. Devant soi, il n’y rien avant 5000 km, on a donc une vue parfaite à plus de 180°. Je ne sais pas si on le voit bien sur la photo mais c’est évident. Et je vous assure, extraordinaire.
Et s’il vous plait, évitez de me dire, les sourcils en accent circonflexe : « ah bon, Adeline, tu n’avais jamais vu ça ??? »
Ce matin, je pars vaillamment voir un site accessible sans guide : le cratère du Rano Kau.
Une bonne petite marche pour rejoindre le bas puis, d’après ce que m’avaient dit des français croisés hier, il y a un chemin qui permet de monter loin de la route.
Je trouve un premier chemin qui ne mène nulle part ; un peu plus loin, ce n’est pas évident. Je discute avec d’autres touristes, dont un qui descendait et qui nous conseille de passer par la route qui est plus longue -5km quand même- mais plus facile. Les autres ont continué en voiture. Me voilà partie et en effet, c’est facile.
Au ¾ environ, face à des vaches et à leurs veaux, j’entends une voiture arriver et je suis bien contente car elle va les disperser. La voiture s’arrête, dedans un homme qui semble natif me propose de m’accompagner au cratère. OK, je monte dans sa voiture. Le monsieur connait la France, Paris, Anthony et Pau. Pau ? « oui, j’adore Pau »
Apparemment il a beaucoup bougé, il a ensuite vécu à Tahiti avant de revenir vivre sur sa terre natale. Puis il me dit qu’il est Président du Parlement Rapa Nui. Objectivement, la voiture est crado, lui aussi, j’ai un peu de mal à le croire mais je l’écoute. Il participe à des travaux qui sont discutés à la cour internationale (de La Haye, je suppose), semble militer pour le rattachement de Rapa Nui à la Polynésie plutôt qu’au Chili. « C’est l’Océanie, ici ».. Physiquement, c’est vrai.
Pendant ce temps, nous sommes arrivés au cratère. Il fait environ un kilomètre de diamètre et je vois plein de gens qui marchent autour.
« Notre île est née à partir de ce cratère »

En fait, je suis un peu déçue car c’est nuageux, et le cratère est un peu terne. Je n’ai même pas envie de prendre de photo en disant que je reviendrai. Mon ami président me demande si je vais à Orono, l’ancien village, juste à côté. « Je ne peux pas, je n’ai pas de guide » .
Il me propose d’être le guide. J’accepte, bien sûr, trop contente.
Dès que nous sortons de voiture, il dit bonjour à tout le monde : les guides, les gardiennes, celle qui vend des souvenirs… un des guides me dit que c’est un super mec … il est peut-être vraiment président alors ?
En entrant dans le site, c’est le choc dont je vous parlais en haut de cette page. Je ne sais pas si c’est visible sur la photo qui n’a pas l’ouverture voulue. Et là, j’aurais vraiment aimé pouvoir être seule pour ester plus longtemps. Le fait est que nous avons visité le site assez rapidement, m’expliquant que ce lieu était une université pour femmes plus 2 ou 3 endroits spécifiques – mais le culte de l’homme oiseau dont on parle et les grands panneaux à l’entrée, pas une goutte.


Une fois la visite terminée, je lui propose un peu d’argent -malgré tout ce qu’il m’avait dit, parfois les gens sont inconstants-, il refuse. Et il sort son portefeuille dans lequel je vois des billets, pour me donner sa carte de visite. J’ai failli lui dire « moi non plus ». Quelque chose me dit que j’ai bien fait de me taire; mon humour -désopilant cependant- aurait peut-être été interprété différemment !!

Je veux ensuite retourner au cratère comme prévu et il repart en voiture.
A peine avais-je fait 30 mètres que de grosses gouttes de pluie commencent à tomber. Le temps de mettre ma cape de pluie, je suis trempée et je repars me mettre à l’abri à l’accueil d’Orono. Les gens arrivent petit à petit, trempés comme des soupes, incroyables. Le tout en 5mn maxi.
La pluie finit par se calmer et je repars vers le cratère. Mais la pluie recommence, moins forte, je me dis que le retour va être long.
Une voiture s’arrête, le conducteur me propose de monter. OK, merci mais… la voiture est pleine … je monte sur le plateau arrière. C’est vrai je suis mouillée quand même, mais moins longtemps.
Et quand nous arrivons, il fait beau.
Mon voisin de chambre m’a dit plus tard qu’il n’avait pas plu ailleurs mais qu’il avait vu un gros nuage noir au-dessus du volcan. Hé oui !
Je ne veux pas vous faire attendre plus longtemps. J’ai bien entendu regardé sur internet, je vous confirme que mon nouvel ami est -était- bien président du parlement Rapa Nui !
4 Comments
Eguerdi on Adeline,
Ce séjour sur l’île de Pâques est décidemment passionnant et incroyable.
Nous avons beaucoup de chance que tu partages avec nous, et avec brio, autant d’anecdotes.
Salut bien le Président de ma part si tu le recroises.
Bises de Bayonne.
Baionatik muxu
Claire
PS : dès que j’ai le temps, j’attaque le texte en basque, ce sera plus long pour moi…
Hello sister
Toujours un grand plaisir de lire ton blog. Sommes en voyage aussi grâce à toi.
Pas sûr que l’île de Pâques me manque mais j’adorerais le Chili.
Profite bien de tes « nouveaux amis », tu vas peut être être nommée au conseil.
Toujours les bonnes blagues de ton frère.
Les premiers sont arrivés chez nous, dont Léon, la suite pendant le week-end.
Plein de gros bisous et profite bien
Tu ne seras jamais restée aussi longtemps au même endroit. Maintenant que tu rencontres des gens important tu vas avoir tes entrées partout sans guide .
Enjoy et passe un bon Noël sur l’Ile de Pâques. tu vas bien trouver quelquechose d’original à faire pour le fêter.
Nous t’embrassons
P et V
Sympa de te lire !! Biz