Hondaribia airport ! Je suis si contente de partir, si contente que je suis arrivée très en avance à l’aéroport, un peu avant la personne qui enregistre mon sac. C’est bien la première fois ! L’idée de me retrouver au soleil et dans la chaleur dans quelques heures me donne des ailes, après ces mois de froid et d’humidité !
Un coup d’oeil aux tableaux d’affichage m’indique que le vol suivant le mien a été annulé, pas de chance pour ceux qui devaient le prendre. Je m’installe pour attendre les 2 heures qui me séparent de l’embarquement. L’aéroport est bien petit, il n’y a rien, ni personne. Une cafétéria, une personne à l’enregistrement, un groupe d’une dizaine d’anglais et moi. Une seule destination : Madrid. Je me concentre sur les emails que j’ai à envoyer et les derniers coups de fil.
Nouveau coup d’oeil aux tableaux d’affichage, mon vol s’annonce avec un retard d’une demi-heure ! Sachant que j’ai une heure pour la correspondance à Madrid, cela va être tendu. Au comptoir, on me dit qu’il neige à Madrid et que tous les vols sont en retard, celui de Cuba est prévu avec une demi-heure de retard déjà. « revenez me voir un peu plus tard, je vérifierai où il en est ».
Depuis 2 heures, l’aéroport s’est rempli peu à peu. Ceux qui me lisent régulièrement savent que l’attente fait partie de mes voyages, et que j’y prends souvent du plaisir. Attendre le départ d’un bus dans une gare routière n’a rien d’ennuyeux à mes yeux. C’est toujours très animé, les gens vont et viennent, s’interpellent, il y a quelque chose dans leur regard : une impatience, une curiosité, une tension aussi – où est leur car, va-t-il bien partir – ceux qui arrivent cherchent la personne qu’il vont retrouver; il y a les vendeurs de boissons et de nourriture vantent leurs produits, il y a les chauffeurs, les contrôleurs, ceux qui s’occupent des bagages; il y a des bruits, des cris, des voix; il y a des couleurs; il y a des odeurs … et c’est certain je passerais des heures à regarder cela.
Aujourd’hui aussi, je regarde autour de moi. les voyageurs ont fini par arriver. Eux aussi sont entrés dans l’aérogare avec quelque chose dans le regard, une impatience, une curiosité. Pourtant, personne ne parle sauf certains au téléphone, pour prévenir qu’ils ne seront pas là à l’heure, que non, ils ne savent pas à quelle heure ils décolleront, les autres dorment, lisent, travaillent, jouent sur leur ordinateur, prennent un café, mangent un sandwich et pourtant pas de bruit. Résignation. Ni bruit, ni échange, pas beaucoup de couleurs, pas d’odeur.
Pourquoi moins de plaisir ? je me demande si c’est parce que ces gens me ressemblent, parce que je les vois tous les jours, eux ou leurs semblables; parce que c’est trop calme, trop résigné, trop individuel; si c’est parce que j’ai froid et qu’il pleut en continu depuis ce matin.
Un sms arrive sur mon téléphone « le vol pour Madrid est annulé », regard incrédule vers le tableau d’affichage : Ezeztatua = annulé en basque. C’est donc bien vrai. Une queue commence à se former devant le comptoir. A nouveau pas eu un bruit, pas même une annonce, pas une protestation, ni même un agacement exprimé.
Vol annulé, correspondance ratée, je rentre à la maison.
Ne partez pas trop loin, je reviens très vite !!
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